Colloque Spiritualité, développement et transformation

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La spiritualité est un attracteur qui amène les universitaires et les professionnels en quête de sens à repenser leurs productions et leur réflexion. La recherche universitaire n’a cessé de s’accroître dans ce domaine montrant que la spiritualité est susceptible d’influencer des domaines aussi variés que le comportement et l’expérience de consommation, d’accroître le bien-être au travail et la performance en entreprise et de susciter de nouvelles formes de leadership. Différents aspects de la recherche en gestion sont étudiés : théorie des organisations, leadership, gestion des ressources humaines, marketing, éthique et gouvernance.

C’est la question du développement et de la transformation des personnes et des organisations en situation de gestion que nous vous invitons à travailler de manière compréhensive mais également critique. En quoi et comment la prise en compte dans les processus de « gestion de la spiritualité » peut-elle favoriser le développement et la transformation des individus et des organisations et/ou à contrario constituer une limite voire un empêchement à cette double transformation ?

C’est ce que les deux jours de colloque à Montpellier ont permis de travailler : exceptionnelle qualité de ces journées, avec des intervenants passionnants comme Jacques Igalens, professeur émérite de l’Université de Toulouse, qui a démarré avec le thème : “Spiritualité et management : quelles relations, quelle pertinence ?” Pour lui, se sont les valeurs des personnes qui sont importantes. Il affirme que la spiritualité n’est pas un outil de gestion en tant que tel. Dans l’échange avec Catherine Voynnet-Fourboul, coordinatrice du Groupe de Recherche Thématique co-organisatrice du colloque, la question est de savoir pourquoi est-ce qu’on ne parlait pas de spiritualité dans le management jusqu’à aujourd’hui ?

Selon eux, c’est le malaise dans les organisations qui permet d’en parler de manière décomplexée. Ce vide de sens nourrit un appel à la spiritualité. Au plan social, l’accélération du temps induit l’oubli de soi, des modes de vie frénétiques. Certaines étapes de notre vie sont plus à même de nous faire toucher du doigt la spiritualité : le décès d’un proche, la maladie, un divorce ou une séparation, le chômage,…

La joie est une émotion qui peut amener à la spiritualité selon Jacques Igalens. Les salariés ont besoin de vivre comme des êtres unifiés dans leur travail, et non pas comme saucissonnées. La spiritualité peut donc se définir comme une quête de la vertu, avec une notion de transcendance, une intention de faire du bien et de recevoir quelque chose de plus grand. Mais l’illusion spirituelle peut aussi être une béquille, s’il n’y a pas congruence entre pensées, paroles et actes.

Il est également important, comme l’ont souligné les intervenants, de prendre en compte la dimension interculturelle des personnes. En France, on revient depuis peu dans les entreprises et la société française à des réflexions sur la spiritualité. Dans d’autres régions du monde, la spiritualité est très présente, comme en Inde, en Afrique, entre autres.

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La journée s’est poursuivie avec Sandrine Meyfret et un atelier corporel qui a permis de prendre conscience de la respiration et de notre présence au monde, à travers notamment de la méditation “active”, et la création d’un Haïku, une introduction à la spiritualité chez les managers avec diverses présentations, dont celle de Rémi Dautelle et Vanessa Tapoyo. La soirée de gala a permit aux participants de se rencontrer et d’écouter une présentation du groupe de “Management, Spirituality and Religion” de l’Academy of Management.

Le samedi,  présentation par Pierre Moniz-Barreto de 10 balises qui permettent de comprendre les différentes spiritualités à travers l’histoire et le temps. Alexandre Steyer, de l’Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne a quant à lui décrypter pour nous les liens entre psaumes et temps de la journée pour expliquer la motivation au travail. La matinée s’est terminée par une conférence-débat en plénière avec Pierre Giorgini, recteur de l’Université de Lille sur le thème : “La crise, salut terre de la joie”, qui nous a fait part de sa pensée autour de la notion d’espérance comme modèle constitutif du vivant.

Ces journées se sont déroulées les vendredi 28 et samedi 29 juin 2019 à l’université Paul-Valéry – Montpellier 3. Oragnisées par Jean-Michel Plane et Catherine Voynnet-Fourboul

 

Programme Montpellier 2019